Les écrans, un sujet de friction ou de connexion ?
Moins d'écrans, plus de liens : faites le point ensemble
Les écrans, un sujet de friction ou de connexion ?
Moins d'écrans, plus de liens : faites le point ensemble
À l’adolescence, les écrans font partie intégrante du quotidien et ils sont souvent au cœur des tensions entre parents et jeunes. Pourtant, ce n’est pas forcément une fatalité. Utilisés consciemment et en famille, les écrans peuvent aussi devenir un point de rencontre, un sujet de dialogue et même un levier de connexion et de bien-être numérique. La question n’est pas seulement « combien de temps ? » mais « comment, ensemble ? ».
Ouvrir la discussion avec curiosité
On connaît le scénario : le parent lève les yeux de son propre téléphone pour dire à son ado qu’il passe trop de temps sur le sien. La conversation tourne court, les postures se figent. D’un côté, un adulte inquiet qui prescrit. De l’autre, un jeune qui perçoit les écrans comme un espace de liberté et la remarque comme une intrusion.
L’erreur la plus fréquente ? Partir en opposition sans s’en rendre compte. Parler de « réel » versus « monde virtuel » pose déjà un jugement implicite, comme si ce que vivait un jeune en ligne ne comptait pas vraiment. Si on arrive avec la prémisse que tout ça est une perte de temps, alors la conversation est bloquée avant même d’avoir commencé.
Ce qui fonctionne : la curiosité sincère.
🧐Arriver avec de la curiosité avant d’arriver avec des règles.
🤔Accepter de ne pas tout comprendre et de se laisser expliquer.
📱Demander à son jeune : « Qu’est-ce que tu regardes ? », « Qu’est-ce que tu aimes là-dedans ? ».
Et surtout : partager son propre vécu, ses propres questionnements face aux écrans, sans se mettre en position de donneur de leçons. On est tous et toutes dans le même bateau. Ça n’empêche pas de nommer les risques réels, sans faire peur, avec des exemples concrets du quotidien de votre jeune. C’est tout à fait légitime de dire : « Je m’inquiète, c’est parce que je suis ton parent. ».
Faites le point ensemble, parent et ado, sur votre usage
Avant de parler des écrans à son ado, il peut être utile de faire le point sur son propre usage. Combien de fois par jour consulte-t-on son téléphone sans raison précise ? Est-ce que les écrans empiètent sur le sommeil, les repas, les moments en famille ?
Prenez un moment avec votre ado pour répondre aux questions suivantes. Posées à voix haute et sans jugement, elles pourront créer un espace d’échange et de réflexion commune.
Utilisez la version interactive ci-dessous, ou imprimez la fiche suivante :
Télécharger le quiz en PDFÀ explorer ensemble, parent et ado :
5 questions pour faire le point sur notre utilisation des écrans 🙋🙋♂️
On commence👨👦 AGIR ENSEMBLE : DES HABITUDES CONCRÈTES À ADOPTER EN FAMILLE
La règle la plus efficace n’est pas celle qu’on impose, mais celle qu’on modèle. Ce que les adultes font au quotidien avec leurs écrans a autant d’impact sur les ados que les consignes données. C’est ce qu’on pourrait appeler l’éducation silencieuse : le parent ou adulte qui pose son téléphone pendant le souper, qui active le mode « Ne pas déranger » le soir, qui admet lui-même qu’il a du mal à décrocher, ça parle plus fort que n’importe quelle règle.
Et ça fonctionne dans les deux sens. Les habitudes d’utilisation du parent sont l’un des prédicteurs les plus robustes des habitudes de l’enfant, plus que les règles imposées, plus que les discussions ou les restrictions. De même, la technoférence, soit l’utilisation des écrans par le parent en présence de son jeune, prédit une utilisation problématique chez l’ado. Elle est souvent invisible aux yeux du parent lui-même : on a tendance à légitimer son propre usage tout en jugeant celui des jeunes.
Les chiffres le rappellent : près d’un adulte sur quatre dépasse le seuil de 4 heures de temps d’écran de loisir par jour.
Une règle que le parent respecte aussi à une portée éducative que mille conversations ne peuvent pas remplacer.
Voici quelques habitudes à adopter ensemble – pas comme des règles imposées à l’ado, mais comme des engagements partagés :
- Consulter son temps d’écran dans ses paramètres à deux, sans jugement.
- Désactiver les notifications non essentielles sur tous les appareils.
- Se lancer le défi de ne pas utiliser son téléphone le temps d’un repas ou d’une soirée.
- Éviter les écrans au moins 1 h avant de dormir et activer le mode Ne pas déranger.
- Prévoir plus d’activités sans écrans en famille / avec son jeune.
🧾En conclusion…
L’objectif n’est pas la perfection numérique, mais le bien-être numérique. C’est de créer, dans la dynamique avec son jeune, un espace où on peut parler des écrans, de ce qu’ils apportent et de ce qu’ils coûtent, sans que ça devienne un sujet de friction. Commencez petit, à votre rythme en respectant vos besoins. Ce dialogue-là, c’est déjà un acte de connexion.
Pour aller plus loin :
– PAUSE (entente d’utilisation familiale des écrans)
– leciel.ca : ateliers, ressources et astuces
– Lignes d’écoute : Jeunesse J’écoute | Tel-jeunes parents
– Infos Santé 811
– CISS ou CIUSSS de votre région
– Professionnel·les de la santé
