Avant une compétition sportive

Comprendre et composer avec l'incertitude des sélections

Avant une compétition sportive

Comprendre et composer avec l'incertitude des sélections

Coauteure : Véronique Boudreault, PhD, PsyD, CMPC®, titulaire Chaire de recherche Aléo

Attendre une sélection sportive peut être une période intense et inconfortable. Tu t’es entraîné·e longtemps, tu as investi beaucoup d’énergie et tu sais que la décision à venir peut avoir un impact important. Dans ces moments, il est normal de ressentir du stress, des doutes ou de l’impatience. 

Tu trouveras ici des conseils concrets pour te préparer à faire face aux différents scénarios possibles, que tu sois sélectionné·e ou non, afin de traverser cette période d’incertitude avec davantage d’équilibre et de garder un rapport sain à la performance, quel que soit le résultat.

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Pourquoi c’est si difficile de tolérer l’incertitude ?

L’incertitude est difficile à vivre pour tout le monde, même pour des athlètes expérimenté·e·s. Le cerveau aime prévoir ce qui va arriver. Lorsqu’on attend une réponse pour quelque chose qui nous tient à cœur, il se met souvent à anticiper : il imagine différents scénarios, se compare aux autres, rejoue certains moments en boucle. 

Plus l’enjeu semble important pour ton avenir, ton sentiment de réussite ou l’image que tu as de toi, plus l’attente peut devenir intense. 

Avant une sélection, tu peux ressentir plusieurs émotions : 

  • Du stress ou de la nervosité 
  • De l’anxiété, parfois ressentie physiquement (cœur qui bat plus vite, nœud à l’estomac, tension dans le corps) 
  • De l’excitation ou de l’espoir 
  • De la fierté face au travail accompli 

Ces réactions sont normales. Les pensées peuvent aussi tourner davantage autour de l’événement, avec des « et si… » qui reviennent régulièrement. Le sommeil peut être un peu plus agité, la concentration moins stable. Ça ne veut pas dire que tu n’es pas prêt·e : c’est souvent le signe que le cerveau essaie de se préparer à un moment important. 

Voici quelques conseils pour t’aider à faire face aux deux scénarios possibles des qualifications, et apprendre à apprivoiser l’incertitude. 

Situation 1 : Si tu n’es pas qualifié·e pour ta compétition

Ne pas être sélectionné·e après des mois de préparation, c’est difficile. Et souvent, le cerveau fait vite un raccourci : « je n’ai pas été choisi·e » devient « je ne vaux pas grand-chose ». Ces pensées semblent convaincantes parce qu’elles arrivent avec une forte émotion. 

❌ Pourtant, une pensée n’est pas un fait. 

Une sélection dépend de nombreux facteurs : le niveau de la compétition, les critères utilisés, la forme du jour ou parfois même des détails techniques. Ne pas être qualifié·e, c’est une déception à un moment précis, pas un échec de ta personne. 

Dans les heures ou les jours qui suivent l’annonce des résultats, prendre soin de soi est la priorité : 

  • Parler à une personne de confiance 
  • Écrire ce que l’on ressent 
  • Dormir, récupérer et bouger un peu 
  • Maintenir une routine simple 

Il peut aussi être utile de prendre une pause des comparaisons ou des réseaux sociaux, qui ont tendance à amplifier le sentiment d’échec. 

Avec un peu de recul, cette période peut devenir une occasion d’apprentissage. Tu peux te demander :

  • Qu’est-ce qui a aidé ?
  • Qu’est-ce qui pourrait être amélioré ?
  • Qu’est-ce qui ne dépendait pas de moi ?  

Et surtout : la valeur d’un·e athlète ne se résume pas à un résultat. La progression, la constance, la capacité d’apprendre et de rebondir font tout autant partie du parcours. 

📌Pour aller plus loin, consulte notre fiche mémoire Je suis plus que mes performances sportives et explore qui tu es en dehors du sport. 

Télécharger la fiche mémoire

Situation 2 : Si tu es qualifié·e pour ta compétition 

Une fois sélectionné·e, on peut ressentir un grand soulagement, mais aussi vivre une nouvelle forme d’incertitude. Avant la sélection, l’inquiétude portait sur le fait d’être choisi·e. Après la sélection, elle peut porter sur la performance ou sur le désir de prouver qu’on mérite sa place. 

Dans ces moments, l’excitation et la pression peuvent coexister. Certaines pensées peuvent augmenter inutilement cette pression : « je dois absolument réussir » ou « je n’ai pas le droit de me tromper ». Se concentrer sur ce que l’on contrôle permet souvent de transformer cette énergie en motivation. 

Concrètement, ça peut passer par des actions simples : 

  • Conserver ses routines et favoriser la récupération 
  • Se fixer des objectifs liés au processus plutôt qu’au résultat (attitude, constance, qualité d’exécution) 
  • S’entourer de personnes bienveillantes 
  • Se rappeler que les attentes des autres ne sont pas des ordres 

Lorsque le cerveau part dans le futur avec des scénarios du genre « et si je déçois », « et si je gagne », ramener ton attention vers la prochaine action concrète, ta respiration ou l’environnement immédiat peut aider à rester ancré·e dans le présent.

📌Apprends à faire le tri dans tes pensées pour faire baisser l’anxiété avec ce schéma.

📌Fais une courte pause de 3 minutes et prends du recul sur tes émotions en écoutant ce balado.

Traverser ces moments d’incertitude fait partie du parcours sportif. Que tu sois sélectionné·e ou non, apprendre à gérer l’attente, le doute et la déception et en faire un levier, te servira bien au-delà du terrain.  

Si ces émotions prennent trop de place dans ton quotidien, n’hésite pas à en parler à un·e adulte de confiance ou à un·e professionnel·le de la santé. 

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