Reconnaître la détresse psychologique

Mieux comprendre le suicide à l'adolescence

Reconnaître la détresse psychologique

Mieux comprendre le suicide à l'adolescence

Une entrevue avec Nathalie Parent, psychologue

Saviez-vous que le suicide était la quatrième cause de décès chez les adolescents(-entes) dans le monde, d’après l’OMS? Ce chiffre cache cependant des réalités bien différentes selon les régions du monde.

Au Québec, on observe une baisse constante du taux de suicide des jeunes ainsi qu’une hausse de la prise en charge des troubles de santé mentale.

Découvrez dans cet article des informations, mais aussi des conseils pour vous aider à mieux comprendre le suicide chez les jeunes.

QU’EST-CE QUE LE SUICIDE?

Contrairement à ce qu’on peut croire, la personne qui tente de se suicider ne veut pas mettre fin à ses jours : elle veut plutôt mettre fin à ses souffrances intolérables. La bonne nouvelle est qu’il existe de nombreux moyens pour soulager la souffrance d’un(e) adolescent(-ente), tels que la psychothérapie et la médication.

Les traitements possibles de la dépression
Qu’est-ce qui rend un(e) adolescent(e) plus à risque de faire une tentative de suicide?

Qu’est-ce qui rend un(e) adolescent(e) plus à risque de faire une tentative de suicide?

Les traits de personnalité 

Un(e) jeune qui aura tendance à être anxieux(-euse), à avoir une faible estime de soi ou à être impulsif(-ive) pourrait avoir plus de risques de passer à l’acte. S’il ou elle a de la difficulté à s’exprimer ou à parler de ses émotions, le risque pourrait être augmenté.

Les situations personnelles qu’un jeune peut vivre

L’isolement, les relations sociales qui s’effritent, un deuil, le manque de soutien, des problèmes de consommation de drogues, d’alcool ou de jeux ou une maladie chronique physique sont des facteurs de risque qui peuvent augmenter les risques d’une tentative de suicide.

Un passé complexe

De même, des événements passés peuvent influencer le comportement du ou de la jeune:

  • S’il ou elle a subi de la maltraitance pendant son enfance;
  • S’il ou elle a déjà tenté de se suicider;
  • Si une personne de son entourage a déjà cherché à mettre fin à ses jours et que l’événement est resté tabou.

Pourquoi les jeunes font partie des groupes d'âge les plus concernés par le suicide?

Imaginez qu’on a tous un contenant à l’intérieur de nous qui contient notre stress et nos émotions. Quand on est enfant, le contenant est petit, puis, il grandit avec nous.

À l’adolescence, votre jeune doit affronter toutes sortes de nouveaux défis comme le développement de son identité et de ses relations sociales. Son contenant est donc déjà très rempli et peut parfois difficilement accueillir de nouvelles émotions.

Des éléments comme une rupture amoureuse, un déménagement, la séparation des parents, un conflit avec les amis(-es) ou la famille, l’intimidation, la maladie d’un proche, un échec scolaire ou une répétition d’échecs dans sa vie peuvent faire déborder son contenant.

Il ou elle n’est plus en mesure de gérer son stress et ses émotions, ce qui peut occasionner une crise.

Comment savoir si votre jeune a une prédisposition au suicide?

Comment savoir si votre jeune a une prédisposition au suicide?

Tous les éléments mentionnés ci-haut peuvent arriver et faire vivre une période plus difficile à votre jeune, et c’est normal! Cependant, lorsque votre ado a un changement de comportement soudain et radical, il faut s’intéresser à ce qui se passe.

  • Le changement de comportement négatif : votre jeune, normalement joyeux(-yeuse), commence à s’isoler, à être déprimé(e), agressif(-ive) et/ou en colère, à avoir les épaules enroulées, etc.
  • Le changement de comportement faussement positif : votre jeune, qui était triste depuis un bout de temps, commence sans raison rationnelle à être joyeux(-yeuse), à faire des plans avec des amis(-es) et à reprendre une vie d’apparence normale. En réalité, il est possible qu’il ou elle ait trouvé une forme d’apaisement en mettant au point un plan pour en finir avec ses souffrances. Restez vigilant!

Inversement, même lorsque la relation parent-ado est excellente, vous pouvez parfois être le dernier à savoir réellement ce qui se passe dans la vie de votre ado et ne pas voir de changements dans son comportement. L’important, c’est d’écouter votre instinct parental et de ne pas hésiter à demander de l’aide, même si votre jeune semble adopter un dialogue ouvert. S’il ou elle vous dit qu’il ou elle va bien mais que votre instinct vous dit le contraire, il faut agir!

Comment parler de ses inquiétudes avec son jeune?

Si vous êtes inquiets pour votre ado, soyez à l’écoute de ce qu’il ou elle a à dire et gardez toujours la conversation ouverte avec lui ou elle.

  • Mentionner vos inquiétudes : vous pouvez lui dire factuellement ce qui vous fait croire qu’il ou elle ne va pas bien, comme « tu t’enfermes toujours dans ta chambre », « les activités que tu adorais avant ne semblent plus t’intéresser », etc. Vous pouvez également lui poser des questions sur comment il ou elle se sent, comme « pourquoi penses-tu comme ça? », « est-ce que tu penses à mourir parfois? », etc. N’oubliez pas de lui mentionner que vous êtes disponible pour lui ou elle : il ou elle a besoin de savoir qu’il ou elle compte pour vous.
  • L’amener à aller voir un(e) psychologue : parfois, les jeunes ont des préjugés sur les psychologues. S’il ou elle résiste, n’hésitez pas à lui expliquer que les symptômes dépressifs peuvent parfois être dûs à des maladies physiques et qu’il est important de faire un bilan complet pour s’en assurer. De cette façon, il sera plus simple de l’emmener vers la psychothérapie.

Trouvez d’autres astuces pour parler de la psychothérapie à votre ado

Quand faut-il s’alarmer?

Si au cours de vos conversations votre jeune vous indique qu’il ou elle a pensé à un plan concret pour se suicider, il s’agit alors d’une urgence. N’attendez pas et :

  • Appelez le 911;
  • Rendez-vous directement à l’urgence la plus près;
  • Si les pensées suicidaires de votre jeune vous paraissent moins concrètes, appelez Suicide Action au 1 866 APPELLE (277-3553) et votre appel sera automatiquement acheminé à la ressource de votre région (service gratuit, confidentiel et accessible en tout temps).

Ne craignez pas le secret professionnel entourant les jeunes de plus de 14 ans : le risque de suicide est une situation qui lève le devoir de confidentialité des professionnels(-elles) de la santé. Vous serez donc informé(e) si votre jeune est reçu(e) par un membre du personnel médical.

Veiller sur sa propre santé mentale

Si votre jeune est en détresse, il est normal que son état accapare toutes vos pensées et votre énergie. Mais n’oubliez pas qu’en prenant soin de vous, vous serez plus à même de venir en aide à votre ado.

Essayez d’avoir un réseau de personnes de confiance sur qui vous pouvez vous appuyer. Plusieurs ressources sont aussi disponibles pour vous accompagner dans cette épreuve.

Finalement, si vous ressentez le besoin de vous confier à une personne extérieure à la situation, une psychothérapie peut être une bonne option.

Ressources pour vous aider

RETROUVEZ NOTRE CONFÉRENCE WEB AVEC NATHALIE PARENT SUR LE SUICIDE DES ADOS